Lettre ouverte au Président de la République

6 octobre, 2008

Lettre ouverte au Président de la République

Dans votre discours de Toulon du 25 septembre 2008, vous avez prôné la « vérité » pour restaurer la confiance. Vous avez dénoncé les dérives du capitalisme et avez appelé à remettre l’économie au service de la société. Nous croyons à votre détermination et votre volontarisme pour faire bouger les lignes et bousculer les corporatismes pour atteindre ces objectifs.

Nous savons également que les marges de manœuvres sont étroites et que les caisses de l’Etat sont vides. Nous n’attendons donc pas de miracles de votre part. Seulement des actes qui corroborent vos propos. Les français sont las des débats politiciens et des passes droits délivrés à ceux qui oeuvrent à leur seul et unique profit ! D’autant qu’il existe en France, dans tous les domaines économiques et sociaux, des forces dynamiques, sources d’expériences, d’envies et d’idées. Mais faute d’être entendues, elles s’épuisent ou s’exportent dans des pays où la liberté d’entreprendre et l’équité ne sont pas que des mots.

Nous faisons donc appel à vous de la façon la plus solennelle et respectueuse. Depuis plusieurs années, nous crions à qui veut l’entendre que l’ensemble des cafés est engagé dans la voie de l’extinction. Avec la disparition de ces lieux de convivialité, de solidarité et de mixité sociale, nous anticipions une montée de l’isolement des populations les plus fragiles et un développement des  communautarismes. Malgré la mise en place d’un plan avec les syndicats de la filière, votre décision d’interdire le tabac dans ces établissements à aggraver la situation des cafés. Au rythme d’une fermeture par jour, c’est un « fusible » social qui est sur le point d’exploser. La paix sociale est en jeu !

Que faire alors ? Parmi l’ensemble des solutions envisagées, l’une d’entre elle permettrait d’apporter une réponse immédiate à cette crise. Elle sauverait plusieurs milliers de cafés et autant d’emplois. Elle permettrait également de créer 4.000 emplois directs pour des jeunes en difficulté d’insertion. Et la cerise sur le gâteau, si vous permettez l’expression, est que cette mesure ne couterait pas un centime aux contribuables. Elle rapporterait même plus de 250 millions d’euros aux collectivités et contribueraient à financer les infrastructures que demandent les habitants des 36.000 communes de notre pays.

Pourquoi cette proposition n’est-elle pas entendue ? Elle n’a rien de farfelue et n’est pas particulièrement innovante. Tous les pays européens l’ont déjà mise en place sans rencontrer de difficulté particulière. Mais votre Gouvernement s’entête à refuser de nous entendre. Pour réponse à nos demandes, vos Ministres de l’Intérieur et du Budget nous ont exposé un refus catégorique sans la moindre analyse ni concertation. En signe de leur mépris, ils nous ont opposé des arguments juridiques dont la validité à déjà été rejeté par la Commission européenne.

Malheureusement, Monsieur le Président, sur ce dossier, nous avons accumulé des éléments qui tendent à prouver que toutes les dérives que vous avez dénoncées dans votre discours sont à l’œuvre dans notre pays. Vous trouverez auprès de votre Ministre de l’Intérieur tous les éléments relatifs à notre proposition et comprendrez notre indignation à la lecture du courrier qu’elle nous a adressé, le 29 août 2008, sous la référence BDC/CE 9100/1 – CC.

Nous ne servons aucune cause politique, nous ne demandons aucune faveur, et souhaitons simplement pouvoir travailler dans les mêmes conditions que tous nos voisins européens. Devant tous les français nous en appelons donc à votre parole d’homme et à votre responsabilité de chef de l’Etat pour lever tous les obstacles qui s’opposent à l’analyse de notre proposition.

En l’attente de votre réponse, nous lancerons sur Internet le Café du peuple (www.cafedupeuple.fr). Ce grand espace de débat et de liberté sera ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur notre proposition, l’amender, la faire évoluer, pour qu’ensemble, français et décideurs politiques, nous collaborions, sur ce sujet, à la construction d’un projet Présidentiel noble et digne des valeurs républicaines.

Vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à cette requête, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

José Hody,
Président de la CFA

Enter Google AdSense Code Here

Commentaires

2 réponses to “Lettre ouverte au Président de la République”

  1. thierry colzani on octobre 19th, 2008 14:51

    as-ton une réponse ?

  2. Café du Peuple on octobre 20th, 2008 9:45

    Toujours pas de réponse, mais nous poursuivons nos actions pour enfin se faire entendre !

Commenter cet article...
Pour afficher un avatar avec votre commentaire, inscrivez vous sur gravatar!