Crise : La Française des Jeux mise sur la bourse
17 octobre, 2008
Après la bulle internet, la bulle immobilière, la bulle financière, le secteur des jeux va-t-il devenir, avec la complicité du gouvernement, le nouveau terrain de jeu des spéculateurs les plus cupides ? On peut le craindre.
Les jeux : un secteur d’exception ?
Le gouvernement qui ne jurait, il y a encore quelques semaines, que sur le marché et la libéralisation opère un virage à 180 degrés et offre aux banques la garantie de l’Etat ou écarte le projet de privatisation de la Poste. Cependant, ces nouvelles orientations ne semblent pas s’appliquer à tous les secteurs. Dans le domaine des jeux, pas de changement, on ouvre grand la porte aux spéculateurs, en confirmant la privatisation du capital de la Française des Jeux (FDJ), actuellement entre les mains de l’Etat, à hauteur de 72 %. Où est la logique ?
Selon, Christophe Blanchard-Dignac, PDG de la FDJ, l’objectif des cette privatisation « est d’avoir des actionnaires capables de nous accompagner dans nos projets » (Le Monde, 10 septembre 2008). On se demande quels sont ces projets, mentionnés par le PDG de la FDJ ? Etre une entreprise créatrice de plus d’emploi et de valeur réelle, en conformité avec les nouvelles orientations du gouvernement ? On est en droit d’en douter, au regard de la tournure prise par les préparations de ces opérations.
Une décision éclairée ?
Pour l’accompagner dans sa prise de décision, la Française des Jeux, c’est-à-dire l’Etat, avait mandaté la banque américaine d’investissement Merrill Lynch pour la conseiller. Cette société est l’une de celle par qui la crise est arrivée. Grevée d’une perte de 52 milliards de dollars, elle été sauvée de la faillite in extrémis, grâce à un rachat opportuniste d’un des concurrents, Bank of America. Il serait très étonnant que les conseils de Merrill Lynch, champion de la spéculation, aient été d’ordre sociaux.
Par ailleurs, parmi les actionnaires potentiels de la FDJ, cités par la presse économique, on trouve de grands groupes comme Bouygues ou Lagardère. Quand on sait que cette privatisation du capital a pour but affiché de pouvoir coter la FDJ en bourse, on doute que ces sociétés aient pour unique ambition de créer des emplois.
Pour résumer, le gouvernement, s’en remet à l’une des institutions financières de Wall Street à l’origine de la crise et aux champions du CAC 40 pour vendre ses actifs de la FDJ qui lui rapportent près de 3 milliards d’euros par an ! Au regard de cette perspective, on se demande vraiment si la stratégie du pouvoir en place n’est pas celle du pompier pyromane, qui joue avec l’argent du contribuable.
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Lamentable et Honteux
En pleine Crise financière
La FDJ se donne bonne conscience !
Pendant qu’elle provoque l’envie de jouer par des Spots publicitaires (que personne ne peut éviter) de plusieurs millions d’Euros, nous faisant miroiter ce que serait notre vie après avoir gagné, démontrant par des exemples de soit disant gagnants qui ne savent quoi faire de leur argent, que tout le monde a une chance de gagner.
Elle finance mais pas en totalité (le reste est à la charge du contribuable). De quoi soigner les personnes qu’elle rend malade.
Inauguration du centre médical de référence sur l’addiction au jeu à Nantes
Ce Centre a été créé grâce à un partenariat entre le CHU de Nantes, la Française des Jeux (FDJ) et le PMU.
La convention signée en décembre 2007 porte sur trois ans pour un montant global de 1 million d’euros (750.000 euros de la FDJ et 210.000 euros du PMU), le CHU apportant de son côté environ 200.000 euros et la mise à disposition de locaux et de personnels.
Elle lance un nouveau LOTO avec 1 tirage supplémentaire par semaine.
Subissant la baisse de fréquentation des cafés ou ses points de vente elle va attaquer le panier des ménagères en plaçant des tickets de grattages aux caisses de grands magasins
Apres cela on nous parlera de morale.
Et je ne suis même pas joueur.
Exemple britannique et espagnole
J’avoue etre surprise par l’absence de comparaison entre le model francais et d’autres models europeens, notamment espagnols et britannique.
D’apres ce que je comprends, en France, jusqu’a present, la FDJ etait en majorite publique et les benefices retombaient dans l’escarcelle publique, bien que l’utilisation de ces gains ne fut pas communiquée. Avec la privatisation, ces benefices iront directement aux shareholders avec interessement des cadres dirigeants, d’ou l’interet evident de ces cadres a changer de model (un eleve en primaire comprendrait les reels motifs de ces dirigeants).
En Grande Bretagne, la lotterie est geree de facon privée mais dans ce pays que bon nombre de compatriotes francais ne voit que comme le chantre du capitalisme a outrance, le systeme est tel qu’une partie des recettes est attribuée a de bonnes causes. Cela a permis entre autres de developper des infrastructures sportives et supporter les athletes olympiens pour donner les resultats que l’on connait (n’en deplaise au ministre des sports Francais qui a critiqué la gestion selective de ces fonds vers un certain nombre de sports).
En Espagne, les non-voyants on de facto ete les recipiendaires de la lotterie nationale. Ils gerent par exemple le reseau de distribution.
Pourquoi la France ne met elle pas en pratique l’un de ses principes fondateurs (fraternité) et n’applique t’elle pas les recettes de ce qui est, somme toute, un vice (plus ou moins grands suivants les personnes impliquées) pour en redistribuer les benefices non pas a des actionnaires privés mais a des “bonnes causes”?
Pourquoi vos membres ne militent ils pas pour qu’une partie des recettes des jeux dans les etablissements soient utilisée de cette facon?
Cordialement,
Hervé
Merci Hervé pour votre suggestion, qui pourrait en effet inspirer le gouvernement sur les manières de faire évoluer de manière plus éthique et responsable les jeux d’argent. Ce qui n’a pas l’air d’être leur préoccupation !
Notre proposition (http://www.cafedupeuple.fr/notre-proposition/) a le mérite de créer de l’emploi, de contribuer à la survie des cafés et d’apporter de nouvelles recettes fiscales utiles aux services publics de l’Etat et des collectivités locales.
Pour ce qui concerne les modèles économique des autres pays européens, nous effectuons actuellement une enquête sur leur situation. Nous vous rendrons compte prochainement de nos investigations sur ce site.