Colloque Parlementaire sur les Jeux d’Argent : La Grande Mascarade !
20 octobre, 2008
Jeudi 23 octobre 2008, le second colloque sur les « conditions d’ouverture du marché des jeux de hasard et d’argent en France » se tiendra à la maison de la Chimie à Paris. Mais à quoi diable cela sert-il un colloque parlementaire ?
Selon les termes de la société organisatrice, un colloque parlementaire « a pour but d’encourager et de faciliter toute forme de dialogue entre décideurs politiques, publics et privés, partenaires économiques et universitaires au cours de débats publics organisés autour de questions d’intérêt général ».
Mais comme les parlementaires n’ont pas les moyens financiers d’organiser de tels événements, ce sont des « partenaires publics et privés, intéressés par le thème du colloque qui financent ce genre de manifestations ». Mais soyez rassurés sur l’objectivité des débats, puisque la société organisatrice ajoute qu’elle « veille à faire valoir la pluralité des points de vue ».
Donc si on comprend bien, à l’occasion du colloque sur les jeux d’argent du 23 octobre, toutes les entreprises intéressées par ce secteur devraient être présentes afin de détailler leurs projets et leurs actions pour servir l’intérêt général.
Mais la réalité est loin d’être aussi belle que l’histoire qu’on essaye de nous vendre avec ce colloque ! Si la Française des Jeux et les Casinos tiennent une bonne place dans les différents débats prévus au programme, la CFA n’a pas été conviée à présenter sa demande d’autorisation des AMGL dans les cafés.
Pourtant, dans un rapport d’avril 2007 sur l’organisation des jeux d’argent dans six grands pays d’Europe, le Sénat constatait qu’en plus des jeux de loterie et des Casinos, « tous les pays analysés admettent que certains établissements autres que les casinos (débits de boisson, salles de jeux, etc.) mettent à la disposition de leurs clients des machines à sous ».
En tant que spécialiste des jeux d’argent, comme il le prétend lui-même, le Sénateur Trucy connait nécessairement ce rapport, de même que le Ministre du budget qui parraine ce colloque. La mise à l’écart de la CFA est donc volontaire et donne un éclairage tout à fait intéressant sur la façon dont ces censeurs conçoivent l’intérêt général. Car s’ils étaient réellement animés par la volonté de servir l’intérêt général, ils porteraient une attention particulière à une proposition qui permettrait de créer 4 000 emplois et qui mettrait un terme aux trafics clandestins, comme le reconnaît le Sénat avec le cas du Danemark !
Et pour en finir avec cette triste histoire, nous nous devons de reconnaître que nous aurions tout de même pu participer à ce grand forum « démocratique ». Le problème c’est que nous avions déjà refusé de débourser les 15 000 euros qui nous avaient été demandés, lors du premier colloque, et refusons toujours de cautionner cette marchandisation de l’intérêt général.
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Quand ce genre de choses se passent à l’étranger nos hommes politiques parlent de républiques bananières non !?