Les buralistes sont en colère contre la Française des Jeux !

5 novembre, 2008

Avec plus de 23 000 points de vente, les buralistes sont, de loin, le premier réseau de détaillants de la Française Des Jeux (FDJ). C’est grâce à ces détaillants, et à leur charge, que le monopole national déploie ses offres et peut se développer.

En effet pour distribuer les produits FDJ, les buralistes doivent acheter l’intégralité des tickets de jeux et louer obligatoirement le mobilier estampillé par l’entreprise. Il leur faut aussi répondre à des exigences très nombreuses et précises en matière de présentation des produits, d’emplacement du mobilier, de vente… Ce n’est pas tout ! En plus de ces obligations matérielles et commerciales, il leur est désormais imposé de suivre des stages pour mettre en œuvre les politiques (hypocrites) de « jeu responsable » et de protection des mineurs de la FDJ.

En échange de toutes ces lourdes contraintes pour commercialiser les jeux de tirage et de grattage, les buralistes ne sont rémunérés qu’à hauteur dérisoire de 5 % des ventes et reçoivent très peu de soutien de la part de l’entreprise. En effet, le monopole public incite de plus en plus ses clients à venir jouer en ligne, et de se détourner ainsi des points de vente classiques, que sont les bureaux de tabac.

Comme si ça ne suffisait pas, la FDJ « expérimente » depuis le début de l’année, sans concertation, ni préavis, la mise en place de points de ventes en grandes et moyennes surfaces. Une soixantaine de supermarchés devraient proposer ces jeux, avant la fin de l’année. Les buralistes, déjà acculés par l’interdiction de fumer dans les lieux publics, jugent cette nouvelle concurrence particulièrement déloyale et injuste.

Selon Eric Woerth, Ministre du Budget, la FDJ « a besoin de compléter ses points de vente parce que certaines zones sont mal couvertes ». M. Woerth oublie de préciser que ces zones sont « mal couvertes », en raison de la fermeture de cafés ou bureaux de tabac, dont l’activité a très fortement baissé. Mais plutôt que de soutenir ces lieux de convivialité, proche des gens dans les banlieues ou les campagnes les plus isolées, le gouvernement et la FDJ semblent vouloir encore gonfler les profits d’entreprises dont les bénéfices sont déjà énormes et les pratiques sociales souvent mises en cause.

En revanche, ces responsables ne paraissent pas vouloir entendre certaines solutions qui permettraient aux buralistes de relever la tête ! Notre proposition d’installer des AMGL dans les bureaux de tabac serait de nature à créer une nouvelle source d’attractivité pour ces établissements. Pour ces AMGL, contrairement aux activités de la FDJ, il ne serait imposé aucune contrainte de mobilier ou de publicité aux buralistes. De plus, la maintenance des appareils serait assurée par des exploitants professionnels, sans que le buraliste n’ait d’aucune manière besoin de se former ou d’intervenir. Enfin, la rémunération des débitants de tabac, qui s’élèverait à 30 % des mises, serait bien plus équitable que celle reversée par la FDJ.

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