Les Casinos gagnent leur coup de poker

17 novembre, 2008

Le gouvernement n’est pas resté de marbre face aux menaces et coup de gueules des  dirigeants de casinos, soucieux de conserver leur rentabilité et d’importants dividendes pour leurs actionnaires. Le Figaro l’a annoncé, Michèle Alliot-Marie leur a concédé quelques assouplissements concernant, notamment, l’organisation des jeux de poker.

Un arrêté, que la Ministre devrait signer prochainement, permettra désormais l’organisation de tournois de poker, par les casinotiers, en dehors de leurs établissements. Le nombre de ces tournois, actuellement plafonné à 100 par an, n’aura plus de limite. De plus, le délai des demandes d’autorisations pour ces manifestations sera réduit de 2 mois à 3 semaines. Par ailleurs, le futur texte de la ministre devrait faciliter l’ouverture des nouvelles tables de jeux et machines à sous dans les casinos.

La Ministre de l’Intérieur, qui dans une lettre du 29 août 2008 rejetait notre proposition en raison « de la politique de prévention menée par le gouvernement contre l’addiction aux jeux de lutte contre la grande délinquance présente dans ce secteur d’activité », ne semble plus aussi exigeante concernant ces préoccupations quand la demande est formulée par Barrière, Partouche ou Tranchant.

Ceci est d’autant plus troublant que des affaires de banditisme et de blanchiment d’argent liées à des activités de poker, dans des cercles de jeux, sont actuellement examinées par les tribunaux (notamment l’affaire du Cercle Concorde) et, qu’à notre connaissance, aucun dispositif de garanties supplémentaires accompagne la nouvelle autorisation des casinos de proposer des tournois de poker en dehors de leurs établissements.

Il ne s’agit pas, ici, de s’opposer à toute offre supplémentaire de jeux mais de se demander, en plus de ces questions de risques de délinquance, quelles sont contreparties économiques et sociales que les casinotiers apportent aux pouvoirs publics pour obtenir si facilement une réponse positive ?

D’après les syndicats aucune, puisque, en plus de la précarisation actuelle de leurs emplois (travail de nuit sans compensation, salaire inférieur au smic, polyvalence…), de nouvelles menaces de plans sociaux et de fermetures d’établissements sont à l’ordre du jour.  Concernant le développement économique, plutôt que de continuer à jouer leur rôle de contributeur actif auprès des collectivités locales, les casinotiers continuent de quémander, au détriment des contribuables, des baisses de fiscalité au Ministre du Budget.

Pendant ce temps, ce dernier reste encore insensible à la proposition de la CFA d’installer des appareils à mises et gains limité dans les cafés, qui permettrait pourtant de créer plus de 4 000 emplois directs, de contribuer à la survie des cafés en difficultés et de créer plus de 300 millions d’euros par an de recettes aux collectivités.

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