Interview du Président de la Commission des Jeux de Hasard de Belgique
19 novembre, 2008
Après Jan Madsen, pour le Danemark, Etienne Marique, Président de la Commission des Jeux de Hasard de Belgique, a accepté de répondre aux questions du Café du Peuple. Il souligne l’efficacité d’une réglementation stricte et de contrôles permanents sur les jeux dans les cafés, comme le montre d’ailleurs la vidéo du moment de notre site (ci-contre).
Le Café du Peuple : En Belgique la loi du 7 mai 1999 a permis la mise en place d’un contrôle strict de toutes les activités de jeux de hasard, quelles ont été les incidences de ce texte pour les cafés ?
Etienne Marique : Avant cette loi, il existait une tolérance des autorités sur des jeux organisés, de manière illégale, dans des salles à côté des cafés. En 2000, un arrêté Royal a donné un cadre légal strict à ce type d’activité et le 1er janvier 2001, 20 000 machines ont été bannies des débits de boissons.
Désormais, seuls sont autorisés, les « Bingo » et « One-ball » et quelques variantes de ces deux jeux. A raison d’une à deux machines par cafés, on en compte environ 12 000 sur le territoire belge.
Certaines animations supplémentaires (celles qui ressemblent au jeu de jack-pot) vont être totalement prohibées à partir du 1er janvier 2009 car il existe, pour ces activités, des risques plus importants en matière d’addiction.
Le Café du Peuple : Quelles sont les garanties, en matière d’addiction, pour les « Bingo » et « One-Ball » ?
Etienne Marique : Ces jeux sont strictement encadrés. Leur nombre est limité à deux par cafés et les pertes horaires ne doivent pas dépasser 12,5 €. L’usage de cartes de débits ou de crédits n’est pas possible pour les « Bingo » ou « One-ball ».
De plus, leur accès est interdit aux moins de 18 ans, sous peine, pour l’exploitant de retrait de licence et de fortes condamnations pénales.
Le Café du Peuple: Comment sont contrôlés les jeux dans les cafés belges ?
Etienne Marique : Avant l’installation d’un jeu, les gérants du débit de boissons et le fournisseur exploitant doivent chacun obtenir une licence de la Commission des Jeux de Hasard (CJH). Cette licence n’est accordée qu’après un contrôle préalable portant notamment sur la solvabilité et la capacité de répondre aux exigences de la fonction par les opérateurs (casier judiciaire…). Les établissements doivent répondre aux prescrits légaux pour pouvoir obtenir des licences. Ainsi, les normes d’hygiène et de sécurité, en matière d’incendie notamment, doivent être satisfaites préalablement.
Par ailleurs, les jeux installés doivent être conformes aux modèles approuvés par la CJH. Une fois en fonction, une surveillance permanente sur les machines est opérée à distance par voie informatique. Les données sur les mises, les gains et les interventions sur les machines sont analysées en continue par la cellule « contrôle » de la CJH.
Le Café du Peuple : Ce contrôle permet-il de lutter contre les jeux clandestins dans les cafés ?
Etienne Marique : Sans offre légale attractive, les jeux clandestins prospèrent. Pour les Bingos, ça marche bien, le contrôle est efficace. On ne connaît pas de guerre des gangs pour ce type de machines. Les cas de détournement des jeux sont très marginaux et il y a très peu de cas de machines illégales dans les cafés et restaurants.
Mais je tiens attirer votre attention que compte tenu de la large accessibilité à ces appareils, c’est la pratique de ces jeux qui amorce le jeu compulsif auprès de la population jeune et vulnérable. C’est la raison pour laquelle la perte horaire moyenne est basse.
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