Les Casinos dénoncent la concurrence des AMGL : une prise de position incohérente et injustifiable

14 janvier, 2009

Suite à la conférence de presse du 16 décembre dernier, les trois syndicats de casinos ont publié un communiqué pour « dénoncer la proposition de loi »  déposée par Patrice Debray pour autoriser les cafetiers à exploiter des Appareils à Mises et Gains Limités (AMGL). Cette position a de quoi surprendre par sa maladresse.

Par crainte de voir leur colossale fortune personnelle diminuer, les patrons des grands groupes de casinos ont saisi la Commission Européenne pour obtenir le droit de proposer des jeux d’argent sur Internet. Selon eux, le monopole français est injustifié et il convient d’ouvrir le marché à la concurrence.

Une position incohérente

Certains diraient donc que les patrons de casinos sont des libéraux, qui ne jurent que par la concurrence. Ceux là se tromperaient puisque ces derniers demandent de faire barrage aux AMGL dont, aux termes de leur communiqué, « la concurrence avec les casinos est tout à fait évidente car ces machines ne concurrenceront pas les jeux du black jack et de la roulette mais bien les machines à sous qui représentent plus de 90 % de leur recette ».

Ainsi, pour ces grands patrons, l’ouverture du marché serait bonne, uniquement, quand ils sont surs qu’elle sera conforme à leurs intérêts immédiats et qu’elle ne comporte aucun risque. Curieuse conception du libéralisme ! Mais ce n’est pas le pire. En plus d’être incohérente, cette prise de position est injustifiée, puisque la concurrence directe des AMGL avec les machines est loin d’être évidente.

Une position injustifiable

En effet, les AMGL proposées sont des jeux de cafés, beaucoup plus proches du flipper que des machines des casinos. Le but n’est pas de décrocher un « jackpot », mais juste de passer un moment ludique et convivial, en venant prendre un petit noir ou un verre de vin. Les mises et gains, très fortement limités, y servent juste à apporter un peu plus d’attrait à un jeu faisant appel à la dextérité de ses participants. Les joueurs de casinos, motivés par la potentialité de décrocher un « gros lot », n’y trouveront certainement pas de quoi satisfaire leurs envies.

D’ailleurs, les médias, qui ont reconnu le bien-fondé de la proposition de loi de Patrice Debray, n’ont pas été dupes de cette prise de position incohérente et injustifiable des syndicats de casinos, puisque très peu de journaux ont repris leur communiqué.

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